Frontaliers : comment êtes-vous imposé en Suisse ?
Environ 400000 personnes viennent travailler en Suisse depuis l’étranger. Combien d’impôts elles paient ici dépend surtout du pays de domicile : l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Autriche ont négocié avec la Suisse des accords très différents.
Publié : 15.07.2026 · Mis à jour : 15.07.2026
Qui est frontalier ?
Les frontalières et frontaliers habitent à l’étranger, travaillent en Suisse (le plus souvent avec un permis G) et rentrent en règle générale chaque jour, au moins chaque semaine, à leur domicile. Fiscalement, l’essentiel est de savoir avec quel pays la Suisse a conclu quel accord — les quatre voisins ont quatre solutions différentes.
Allemagne : 4.5% à la source
Selon la convention de double imposition, la Suisse retient au maximum 4.5% du salaire brut. Le salaire est imposé en Allemagne ; la retenue suisse y est imputée. Condition : l’attestation de résidence du fisc allemand — sans elle, l’employeur prélève le plein barème ordinaire.
Importante, la règle des 60 jours : qui, pour des raisons professionnelles, ne rentre pas à son domicile plus de 60 jours ouvrés par an perd le statut de frontalier — l’impôt à la source suisse s’applique alors pleinement selon le barème, et l’Allemagne exonère le salaire (sous réserve de progressivité).
France : deux mondes
Pour la France, deux régimes coexistent :
- Cantons de l’accord (Berne, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Jura, Neuchâtel, Soleure, Vaud, Valais) : les vrais frontaliers imposent leur salaire en France ; la Suisse ne prélève pas d’impôt à la source mais reçoit une compensation. L’attestation de résidence renouvelée chaque année est requise.
- Genève (et les autres cantons) : l’impôt à la source est prélevé normalement — son montant se calcule avec le calculateur d’impôt à la source. Genève verse de son côté des compensations aux départements français limitrophes.
Depuis 2023, un avenant permet en outre jusqu’à 40% de télétravail dans le pays de domicile sans changement d’imposition.
Italie : anciens et nouveaux frontaliers
Le nouvel accord est en vigueur depuis le 17 juillet 2023 et distingue deux groupes :
- « Anciens » frontaliers (déjà actifs avant dans les cantons frontaliers des Grisons, du Tessin ou du Valais) : l’ancienne règle demeure — imposition uniquement en Suisse.
- « Nouveaux » frontaliers (prise d’emploi dès le 17 juillet 2023) : la Suisse prélève 80% de l’impôt à la source ordinaire, et l’Italie impose en plus avec imputation de l’impôt suisse. Au total, la charge est généralement plus élevée qu’avant.
Pour le télétravail, une tolérance de 25% s’applique depuis 2024 sans perte de statut.
Autriche : barème ordinaire, allègement via la CDI
Avec l’Autriche, il n’existe pas de régime frontalier particulier : la Suisse prélève l’impôt à la source selon le barème ordinaire ; l’Autriche impose le revenu mondial et impute l’impôt suisse.
Concrètement
- Vérifiez le pays de domicile : votre situation fiscale découle d’abord de l’accord, ensuite du barème.
- Gardez les attestations à jour (DE/FR) : sans attestation de résidence, vous payez le plein barème.
- Comparez les cantons : là où le plein impôt à la source s’applique (GE pour la France, tous les cantons au-delà de 60 jours de non-retour, etc.), le comparatif de l’impôt à la source vaut le coup d’oeil — le même poste dans le canton voisin peut faire une différence nette sensible.
- Clarifiez les cas particuliers : résidents à la semaine, télétravail au-delà des tolérances et fonctions dirigeantes sortent vite des règles frontalières — en cas de doute, l’administration fiscale cantonale ou un spécialiste aide.
Les barèmes frontaliers (p. ex. les codes allemands à 4.5% ou les barèmes frontaliers italiens) sont des barèmes spéciaux non couverts par notre calculateur — il montre les barèmes ordinaires A/B/C/H, tels qu’ils s’appliquent en cas de plein assujettissement suisse. Plus sur l’impôt à la source en général dans le guide pour expatriés.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la règle des 60 jours pour les frontaliers allemands ?
Le taux réduit de 4.5% vaut pour les vrais frontaliers qui rentrent régulièrement à leur domicile. Qui, pour des raisons professionnelles, ne peut pas rentrer chez lui plus de 60 jours ouvrés par an perd le statut de frontalier — la Suisse impose alors le salaire pleinement selon le barème ordinaire de l’impôt à la source.
Les frontaliers français paient-ils l’impôt à la source en Suisse ?
Selon le canton. Dans les huit cantons de l’accord (BE, BL, BS, JU, NE, SO, VD, VS), la France impose le salaire ; la Suisse renonce à l’impôt à la source contre une compensation — l’attestation de résidence annuelle est requise. Genève n’en fait pas partie et prélève l’impôt à la source normalement.
Qu’a changé le nouvel accord frontalier avec l’Italie ?
Pour les frontaliers nouvellement engagés à partir du 17 juillet 2023 : la Suisse prélève 80% de l’impôt à la source ordinaire, et l’Italie impose en plus avec imputation de l’impôt suisse. Qui était déjà frontalier avant reste dans l’ancien régime (imposition uniquement en Suisse).