Impôt à la source ou taxation ordinaire : que s’applique-t-il à vous ?
L’impôt à la source et la taxation ordinaire sont deux chemins vers le même impôt sur le revenu. Celui qui s’applique dépend du permis, du revenu et de vos déductions — et depuis la réforme de l’imposition à la source de 2021, il existe un point où la décision devient irrévocable.
Publié : 15.07.2026 · Mis à jour : 15.07.2026
Deux systèmes, un impôt
L’impôt à la source est prélevé directement sur le salaire : l’employeur décompte selon le barème cantonal, qui inclut déjà l’impôt cantonal, communal et fédéral ainsi que des déductions forfaitaires. La taxation ordinaire passe par la déclaration d’impôt : vous déclarez revenu et fortune, faites valoir vos déductions effectives et recevez une facture de votre commune de domicile.
Sont imposés à la source les travailleurs étrangers domiciliés en Suisse sans permis d’établissement C — typiquement avec un permis B ou L. Sont taxés ordinairement les ressortissants suisses, les titulaires du permis C et les personnes mariées à quelqu’un qui a l’un des deux.
La TOU obligatoire dès CHF 120000
Si le salaire brut annuel dépasse CHF 120000, une taxation ordinaire ultérieure (TOU) s’ajoute à l’impôt à la source — uniforme dans tous les cantons depuis la réforme de 2021. Vous remplissez une déclaration d’impôt ; l’impôt à la source payé est imputé sur l’impôt définitif comme un acompte. Une fois déclenchée, la TOU vaut aussi pour toutes les années suivantes.
Indépendamment du salaire, la TOU s’applique aussi si vous avez d’autres revenus non soumis à la source (p. ex. rendements de titres, immeubles) ou une fortune imposable.
La TOU volontaire : une chance avec un piège
Si votre salaire est inférieur à CHF 120000, vous pouvez demander la TOU volontairement — au plus tard le 31 mars de l’année suivante. Cela vaut typiquement la peine si vos déductions effectives dépassent les forfaits du barème :
- Versements au pilier 3a et rachats de caisse de pension
- Frais de garde des enfants et frais de formation
- Intérêts passifs et contributions d’entretien
- Frais professionnels élevés (pendularité, repas à l’extérieur)
Le piège : la demande est irrévocable — qui change une fois reste en TOU les années suivantes. Cela peut se retourner contre vous si vous habitez une commune fiscalement avantageuse et n’avez plus de grosses déductions par la suite : le barème de l’impôt à la source utilise une moyenne cantonale, la taxation ordinaire le coefficient effectif de votre commune. Dans une commune chère, la TOU peut ainsi être plus avantageuse même sans déductions — dans une commune bon marché, c’est l’inverse.
Comment décider
- Calculez votre impôt à la source avec le calculateur d’impôt à la source — ou comparez directement les cantons dans le comparatif de l’impôt à la source.
- Estimez l’impôt ordinaire de votre commune avec le comparatif des impôts — le chef-lieu y sert de référence.
- Si vos déductions effectives (3a, rachats, garde) dépassent nettement les forfaits et que vous n’habitez pas une commune particulièrement avantageuse, beaucoup parle pour la demande — sinon, laissez simplement courir l’impôt à la source.
À noter : si vous quittez la Suisse, l’assujettissement à la source prend fin avec le départ ; des règles propres s’appliquent aux frontaliers — plus à ce sujet dans le guide des frontaliers.
Questions fréquentes
À partir de quand suis-je automatiquement taxé ordinairement ?
Dès CHF 120000 de salaire brut annuel, la taxation ordinaire ultérieure (TOU) est obligatoire — de manière uniforme dans toute la Suisse. Elle s’applique ensuite aussi à toutes les années suivantes, même si le revenu redescend. Un revenu supplémentaire non soumis à la source ou une fortune imposable déclenche également la TOU.
Puis-je annuler la TOU volontaire ?
Non. Qui, en tant que personne imposée à la source domiciliée en Suisse, demande la TOU reste aussi taxé ordinairement (ultérieurement) les années suivantes. Calculez donc avant la demande si les déductions en valent durablement la peine.
Le délai du 31 mars est-il vraiment strict ?
Oui — la demande de taxation ordinaire ultérieure doit parvenir à l’administration fiscale compétente au plus tard le 31 mars de l’année suivante. C’est un délai de péremption : qui le manque perd le droit pour cette année fiscale.